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  • : Le blog du gueux des bois : invitation aux voyages protestants
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 16:57


Valenciennes comme Tournai fut qualifiée de Genève du Nord. En 1566 la majorité de la population était protestante et la municiaplité était contrôlée par les réformée. Le réformateur des Pays-Bas, Guy de Brès avait élu domicile en ses murs. Mais l'année suivante la ville fut reprise manu militari par les troupes espagnoles et Guy de Brès pendu. La représsion s'abattit sur la ville (412 arrestations et 80 exécutions) et la contre-réforme (arrivée des jésuites en 1582)  finit de faire oublier cette épisode de l'histoire valenciennoise. Mais le protestantisme a perduré dans les campagnes en particulier à Lecelles et Rongy...

Valenciennes est conquise par les troupes de Louis XIV en 1667. La frontière se fixe en 1713 lors du traité d’Utrecht. Les Pays-Bas du sud (actuelle Belgique) passent aux mains des Autrichiens mais les Hollandais, inquiétés par la France, obtiennent le droit de tenir garnison le long de la frontière (traité de la Barrière 1715[1]). Une garnison hollandaise est déjà installée à Tournai dès 1709. Deux temples réformés sont ouverts (l’un francophone et l’autre néerlandophone) avec deux pasteurs payés par le gouvernement hollandais. Grâce aux registres de ces Églises de la Barrière, on peut affirmer que les protestants de Rongy, Lecelles, Saint-Amand-les-Eaux et Valenciennes viennent faire baptiser leurs enfants, communier à Pâques[2] ou célébrer un mariage à Tournai. Le chemin dit des gueux est le témoin de leurs pérégrinations. C’était la route empruntée par les huguenots venant à l’Église de la Barrière de Tournai. Des arrêts étaient prévus dans les familles protestantes pour l’hébergement. Ces huguenots retiraient leurs sabots pour plus de discrétion, ce qui leur valut le surnom de « noirs talons ». En 1782 la garnison de la Barrière est supprimée et en 1785 le dernier pasteur de l’Église de la Barrière de Tournai part.



[1] En fait il y eut au moins trois traités de la Barrière, respectivement en 1709, 1713 et le dernier en 1715.

[2] En 1732 le gouverneur de Flandre française fait arrêter à la frontière 2000 protestants partis communier à Tournai !

 



ÉTAPE 1 : VALENCIENNES

Itinéraire

Se garer dans le quartier de l’église Saint-Géry (Valenciennes-nord). Parking non loin de la rue Ferrand.

 

Info pratiques

Temple de Valenciennes, 66 rue de Paris, 59300 Valenciennes

Ouvert avant le culte : 10-10h30

Renseignements : Frédéric Verspeeten, 5bis rue Ferrand , tél. 03 27 30 03 17

 

Temple réformégéant de Guy de Brès (temple de valenciennes)

La communauté réformée qui se réunissait dans un local loué place de l’hôpital de Valenciennes, ressentit le besoin d’avoir un lieu de rassemblement en propre. En 1875 la ferme Miroux fut acheté en vue de la construction du temple. Sa construction commence en 1878, ainsi que celle d’une école de filles et d’un presbytère. Le temple est inauguré en 1879.

Mise à part la chaire qui n’est pas au centre, l’édifice est un temple très classique. Son intérêt vient du géant de Guy de Brès qui y a élu domicile. Il a été conçu à partir d’une gravure représentant le réformateur en prison, comme l’indique le boulet à ses pieds. Le visage s’inspire du portrait robot qui avait été dressé pour le capturer. Lors de la prise de Valenciennes, le réformateur des Pays-Bas réussit à s’enfuir par l’Escaut, mais il est reconnu à Rumegie et ramené à Valenciennes où il est jugé.  Lorsqu’il est pendu sur la grand-place de Valenciennes le 11 mai 1567, il s’écria « soyez soumis aux magistrats, mais fidèle à la vérité ».

 

 

Info pratiques

Ancienne bibliothèque du collège des jésuites, 2 rue Ferrand, 59300 Valenciennes

Visite le samedi à 11h sur rendez-vous, tél. 03 27 22 57 00

 

la bibliothèque des jésuites

Entre l’imposant bâtiment de l’académie (1864) et le frontispice de l’ancienne église des jésuites (ajouté en 1775), se détache la sobre façade de la bibliothèque des jésuites devenue bibliothèque municipale. L’origine de l’édifice remonte à la contre-réforme. Le gouvernement de Bruxelles et les magistrats « invitent » alors les jésuites à s’installer à Valenciennes. Un collège est ouvert en 1591, dont subsiste la cour (hall actuel) et l’aile des classes dont la aula (actuelle bibliothèque des petits). L’édifice inondé et bombardé, est en partie reconstruit entre  1735 et 1751.  L’aile qui donne sur la rue abrite à l’étage la bibliothèque formée d’un vaisseau de 18m50 sur 7m45 et 8m sous la clé. Les livres reliés en cuir contribuent à l’harmonie de l’ensemble. On dénombre trente-six portraits de pères jésuites, regroupés par trois, célèbres par leur écrits. Deux peintures allégoriques se font face : l’école d’Athènes et la dispute sur les mystères du Saint-Sacrement. Athènes est représentée au moment des prêches de Paul qui montre le temple du dieu inconnu. De nombreux penseurs de l’Antiquité discutent autour de lui. Le peintre s’est représenté de dos devant son chevalet. En face les Pères de l’Église éclairés par le Saint-Esprit discutent du Saint-Sacrement symbolisé par un ostensoir. Lors de l’expulsion des jésuites en 1765, la bibliothèque comptait 7000 volumes

 

 

Itinéraire

Reprendre la voiture et suivre les boulevards.

 

Info pratiques

Musée des Beaux Arts de Valenciennes, boulevard Watteau, 59300 Valenciennes

Ouvert tous les jours sauf le mardi 10h à18h, le jeudi 10h à 20h. Fermé les 1er janvier, 1er Mai, le lundi suivant le 2ème dimanche de septembre et le 25 Décembre.

 

Musée des beaux-arts de Valenciennes

 

Le musée renferme une belle collection de peintures flamandes et en particulier des œuvres de Rubens. Le tableau le plus connu est le triptyque de saint Étienne, typique de la contre-réforme par son exaltation des saints et des martyrs et typiquement baroque par son sens du mouvement et du dramatique. Mais je vous propose de plutôt nous arrêter sur un tableau non moins original du peintre anversois, le triomphe de l’eucharistie. Il s’agit d’un carton de tapisserie, c’est-à-dire d’une peinture qui servit de modèle pour réaliser une tapisserie. La série le Triomphe de l’Eucharistie correspond à une commande de l’infante Isabelle (également gouvernante des Pays-Bas espagnols) pour le cloître de Descalzas Reales à Madrid. Si les tapisseries se trouvent dans le monastère espagnol, le musée de Valenciennes a gardé deux cartons. La collection comprenait quatre tapisseries représentant les préfigurations de l’eucharistie dans l’Ancien Testament comme Élie nourri par l’ange dans le désert visible au musée de Valenciennes. S’y ajoutaient des tapisseries consacrées aux évangélistes, aux Pères de l’Église et aux saints. Mais les pièces maîtresses sont les cinq triomphes de l’eucharistie sur ses adversaires, idolâtrie, hérésie, ignorance … Le triomphe de l’eucharistie visible à Valenciennes mêle des références historiques et allégoriques. Le char tiré par deux anges fait référence au triomphe des généraux vainqueurs de la Rome antique, suivis des captifs vaincus. Ici la religion, sous les traits d’une femme drapée de rouge, tient dans sa main le ciboire surmonté de l’hostie nimbée, symbole du Saint-Sacrement, support de la foi dans le cadre de la contre-réforme. Une mappemonde rappelle la vocation universelle de l’Église catholique. Archanges et putti portent les instruments de la passion. Derrière le char se trouvent les vaincus. L’homme jeune et barbu portant une sphère armillaire et un livre est identifié à Ptolémée, symbole de la science. Le vieillard à la face camuse rappelle le portrait légendaire de Socrate et incarne la philosophie. La femme courbée aux multiples seins représente Diane, symbole de la nature et du péché du premier degré. Toute la scène se déroule dans un décor très théâtral devant une toile de fond qu’accrochent des putti joyeux, sorte de tapisserie dans la tapisserie. L’œuvre a pour titre complet le triomphe de l’eucharistie sur la nature, la philosophie et la science.

 



ÉTAPE 2 : SAINT-AMAND ET LECELLES

 

Itinéraire

Reprendre l’autoroute direction Lille, sortie Saint-Amand ou suivre la nationale par Anzin et Raisme.

Attention le temple de Lecelles est en pleine campagne. Direction Tournai/Maulde D 169 puis tourner à gauche rue de Chorette.

 

Infos pratiques

Temple de Saint-Amand, 47 rue Barbusse, 59230 Saint-Amand-les-Eaux.

Temple de Lecelles, 483 rue de Chorette 59226 Lecelles.

Ouverts avant le culte 10h-10h30 (1er et 4ème dimanche du mois à Saint-Amand ; 2ème et 3ème dimanche du mois à Lecelles). Renseignements : F. Verspeeten (voir Valenciennes) ou A. Pruvost tél. 03 27 48 58 91

 

Communauté

Au XVIe siècle, Saint-Amand et Lecelles se trouvent dans la province de Tournai-Tournaisis. Les idées de la Réforme y arrivent de Tournai. Des prêches sont même organisés en 1566 devant l’abbaye et au bout de la rue de Chorette à Lecelles. On peut évaluer le pourcentage de protestants à Saint-Amand à 30% (de la population et des échevins). Les iconoclastes visitent l’abbaye le 25 août 1566. La première Sainte Cène dans le Tournaisis rassemble des protestants de Tournai et de Saint-Amand… à Lecelles le dimanche 3 novembre 1566. Avec la répression espagnole (exécutions, fuites des pasteurs et bannissements), les communautés protestantes vivent dans la clandestinité. Le traité d’Utrecht en 1713 sépare définitivement Saint-Amand et Lecelles (France) de Tournai et Rongy (Pays-Bas autrichiens). Mais la présence de deux temples réformés (et d’un pasteur francophone) pour la garnison hollandaise à Tournai… incite les protestants à s’y rendre clandestinement. Ces protestants qui empruntent le chemin des gueux pour gagner Tournai furent appelés les « noirs talons ». Il faut attendre 1794 pour voir un pasteur s’installer à Saint-Amand, en la personne de Jean de Visme… qui a charge de cinq départements et de 5500 fidèles ! Il y trouve une « population avide de connaître un autre évangile ». En 1798 il s’installe à Valenciennes.

 

Temples

Le temple de Saint-Amand a été aménagé dans un ancien atelier de peinture acheté en 1933. Le décor en bois le rend très chaleureux. En 1968 une salle annexe attenante au temple est construite, puis agrandie en 1990.

Le premier temple de Lecelles est érigé de 1811 à 1823 (1826) à…  Maulde ! En fait à la limite des deux communes, mais du coté de Maulde au bout de la rue de Chorette. Un arrêté du 16 juin 1854 accorde 4000 F pour l’agrandissement du temple de Maulde, la reconstruction de la façade et l’abaissement de la toiture. En 1863 le temple change de propriétaire, passant de la commune de Maulde à celle de Lecelles !

L’édifice est en brique, la pierre étant limitée aux éléments du décor néo-roman (portail, rosace et clocher). Ce décor ne figure pas dans le projet de 1854. Il a peut-être été ajouté lors des restaurations de 1876 et 1883. Le temple se compose d’un seul vaisseau à chevet plat, couvert d’une voûte en berceau enduite et d’une toiture en ardoise. La bibliothèque et la sacristie à l’arrière sont aujourd’hui occupées par un logement. L’aménagement du temple de Lecelles est classique avec la chaire au centre au-dessus de la table de communion. La chaire est encadrée par deux panneaux, d’un coté la Loi de Dieu ( dix commandements Ex 20,1-17 et le rappel de la Loi Mt 22,37-40) et de l’autre coté le Credo et le Notre Père.

 

 

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Published by le gueux des bois - dans Nord
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commentaires

Erasmino 26/05/2009 12:51

coucou Catherine.voilà qui me semble un projet très intéressant.Tu trouveras mon e-mail sur mon site si tu ne l'as pas via le tiens.Envoi moi un e-mail et restons en contact pour finaliser quelquechose de cartographique.Une sorte d "atlas de la diaspora des patoirs" ou quelque chose comme ça non?(bon d'accord, Atlas est un bien grand mot mais il y a un peu de ça non?) J'attends de tes nouvelles par e-mail!

Patoir+Catherine 26/05/2009 12:32

Erasmino,Jai une idée !!!Tu es cartographe alors pourquoi ne pas m'inventer une route Patoir ,jai déposé un gedcom avec des erreurs que j'ai la fleme de rectifier ...mais dans l'ensemble il es bon, il est sur geneachtimi.Les Patoir sont présents aux mêmes dates à Balinghem ,Andres ,Guînes ,Marck etc...pour ce qui est du ``Pale ´´.Ils sont en même temps à Odomez ,Wallers ,Bruille...et au Pays Bas Zeirikzee..,Middelbourg et...Anterieurement j'ai retrouvé des Pastoir en Allemagne dans la genealogie des Kreuswald mais la personne que j'ai contactée n'a pas l'air trés interessée de m'accepter dans sa noble génélogie  et le barrage de la langue m'empêche d'approfondir le sujet .Ah ,il y avait un Patoir ,violoncello a la cour du roi Louis XIV.Je broderai autour de ton itinairaire .J'ai également des contacts avec les Patoir du monde .Afrique du sud ,pas trés coopérents ,ceux de Guyane ,trés interessés et trés colorés ,des Etats Unis ,du Bengale et d'Indonésie tous descendants  d'un Patoir Hollandais .L'avantage d'avoir un nom sans particule mais rare !!!!Catherine Patoir

Patoir+Catherine 26/05/2009 11:57

J'ai déjà contacté JPRoelly mais il ne connait pas à fond le protestantisme de la région de Calais ,il est spècialiste de la Picardie...Peut être qu'en s'y mettant tous ,on arrivera à sortie de l'oubli cette page de l'histoire .Je pencherai sur l'hypothèse que mes Patoir d'Odomez et environs sont anterieurs aux Patoir de Guînes ..Les premiers sont tous catholiques ,leurs prénoms aussi ,se sont t'ils convertis :ça m'etonne des Patoir ...leur caractère est plutôt protestant :courageux face à l'adversité ,indépendants à l'extrème,et trés aventuriers...ça continue de nos jours !!!Catherin Patoir  

erasmino 25/05/2009 21:51

Je t'en prie!Tu ne dois pas hésiter à me tenir au courant de tes recherches. Tu as mon e-mail.Peut-être que je pourrai essayer de t'aider encore un peu si tu en as besoin. En plus, tes recherches m'intéressent!@+Erasmino

Patoir+Catherine 25/05/2009 18:14

Les Patoir de Guînes ne sont pas dans les recenssements de 1709.J'ai les actes notariés de ceux de GuÎnes ,les 2 des Pays bas sont confirmés par le centre de génélogie d'Amsterdam.Le nom Patoir ,pastoor ,patouart,patoire est le même nom ,foi d'historien ...La cartographie de `'epoque m'interesse etant donné la mouvance des frontières .J'ai retrouvé des Pastoir en Allemagne mais suis bloquée par la langue .Un certain Louis Patoir etait Pasteur à Amsterdam .J'essaie le site indiqué.Merci Erasmino(un Patoir est secretaire de l'universite d'Erasmus !!!)