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  • : Le blog du gueux des bois : invitation aux voyages protestants
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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 23:46

Éditorial

 

Bruxelles la protestante

 

Vous connaissez Bruxelles la ville internationale, siège des  institutions européennes et de l’OTAN, Bruxelles la capitale de la Belgique avec le parlement fédéral et ses palais royaux… mais connaissez-vous la Bruxelles des protestants ?

Au XVIe siècle Bruxelles est la capitale des Pays-Bas, un vastBrederode, le grand gueuxe ensemble de possessions qui s’étire de la Frise à l’Artois, réunis par les ducs de Bourgogne et transmis aux rois d’Espagne. Bruxelles est donc notre capitale, au cœur de notre histoire du XVIe siècle. Qui sait que le terme de Gueux fut donné à Bruxelles par la gouvernante des Pays-Bas, que les premiers martyrs protestants furent exécutés sur la Grand-Place de Bruxelles,  que le premier roi des Belges était protestant ? L’histoire des protestants de Bruxelles est à la fois bien discrète et bien réelle.

L’itinéraire proposé se limite au centre de la ville et suit la chronologie des événements. Le matin peut être consacré à l’histoire des gueux à travers les figures des comtes d’Egmont et de Horne. L’après-midi est quant à lui consacré à la contre-réforme et à la tolérance. Musées, cathédrale, temple, places et statues jalonneront votre parcours.

 

Bonne visite

 

 

 

 

1000 ANS D’HISTOIRE

 

Avant la Réforme

Les origines de Bruxelles sont assez obscures. La ville est-elle apparue dès l’époque romaine ou au haut moyen-âge ? Son nom signifie-t-il le « temple sur la hauteur » ou de la « résidence du marais » ?  Nos sources confirment l’existence au VIIe siècle[1] d’une bourgade appelée Brosella. Au XIe siècle, le comte de Brabant transfert sa capitale à Bruxelles abandonnant Louvain. La vocation de capitale commence pour la cité des bords de la Senne. Au XVe siècle le Brabant passe aux mains des ducs de Bourgogne et Bruxelles devient la capitale d’un vaste ensemble appelé les Pays-Bas bourguignons. Au XVIe siècle les Pays-Bas deviennent espagnols.

 

Aux temps de la Réforme

Les premiers protestants sont signalés dès les années 1520 et en 1523 les premiers martyrs sont exécutés sur la Grand-Place. Malgré les persécutions le protestantisme progresse dans les Pays-Bas espagnols. En 1566 une délégation de nobles se rend chez la gouvernante pour y présenter le compromis des nobles, et reçoit à cette occasion le sobriquet de Gueux. Les hérétiques comme les signataires du compromis sont poursuivis  et jugés. C’est à Bruxelles que s’abat la répression du conseil de troubles, l’exécution des  comtes d’Egmont et de Hornes en est l’épisode le plus connu. En 1576 les Espagnols perdent le contrôle des Pays-Bas. Les atrocités commises par les troupes espagnoles, la répression impitoyable, la pression fiscale ont provoqué un mouvement de rejet général. En 1577 Guillaume d’Orange fait son entrée à Bruxelles  à l’invitation de l’assemblée des États-Généraux et est proclamé ruwaert du Brabant c’est-à-dire protecteur. Par l’Union de Bruxelles, les Pays-Bas décident de se diriger eux–mêmes.

En 1579 les églises sont visitées par les iconoclastes. En 1581 le culte catholique est aboli. La cité est gouvernée par les protestants jusqu’en 1585. Mais la république calviniste capitule devant Farnèse le 10 mars 1585.  Le général au service du roi d’Espagne fait preuve de clémence. Les protestants peuvent quitter la ville. Les seules victimes sont les défunts calvinistes déterrés des cimetières.

 

De la contre-réforme à la toléranceles archiducs (grand-place de Bruxelles)

Bruxelles retrouve alors sa vocation de capitale mais uniquement pour les Pays-Bas méridionaux (Belgique actuelle), le nord devenant les Provinces-Unies (Pays-Bas actuels). La contre-réforme s’y épanouit sous le  règne des archiducs entre 1598 et1621. Les placards rappellent les interdits et les sanctions contre les hérétiques, le baroque s’épanouit, les jésuites fondent des collèges un peu partout. Le  protestantisme est quasi éradiqué mais il existe des ilots à Bruxelles grâce aux Églises d’ambassades d’Angleterre et des Provinces-Unies.

Il faut attendre 1781 avec l’édit de Tolérance de l’empereur Joseph pour que les protestants obtiennent la liberté de conscience et le droit à un culte privé. Ensuite l’histoire du protestantisme bruxellois se confond avec celle de la France, la Belgique devenant française pour vingt ans. En 1802, sous le consulat, l’Église protestante de Bruxelles est officiellement constituée.

Le protestantisme connait un certain essor pendant la période hollandaise 1815-1830 et sous Léopold 1er, premier roi des Belges. Au XXe siècle Bruxelles voit apparaitre une multitude de dénominations protestantes, qui finissent par s’unir dans l’EPUB, qui s’apparente plus à une fédération qu’à une Église. Le congrégationalisme est la règle. Chaque paroisse a donc une personnalité propre et constitue une entité propre.



[1] Un texte du XIe siècle mentionne une visite en 695 à Brosella de l’évêque de Cambrai.

 


Etape 1 : LE COUDENBERG

 

Une Fonction politique ancienne   

Le Coudenberg, littéralement le mont froid, devint souslogo du musée du Coudenberg (1) les comtes de   Brabant le quartier politique de Bruxelles. C’est en effet sur ses hauteurs qu’ils éri gent un   p  remier château au XIe siècle. La décision de transférer leur capitale ici s’expliquerait  par l a proximité de la forêt de Soignes. Le parc royal témoigne de l’avancée d’une forêt aujourd’hui en partie réduite par l’urbanisation. Un nouveau château est construit par les ducs de Bourgogne puis agrandi et embelli par Charles Quint, l’empereur aux dix-sept couronnes. Le Coudenberg est alors une des plus belles résidences princières d’Europe. La salle d’apparat, la Aula magna, est le lieu de grands événements historiques comme l’abdication de Charles Quint en 1555 et la remise du compromis des nobles en 1566. Mais le palais est la proie des flammes dans la nuit du 3 au 4 février 1731. Laissé à l’état de ruine pendant trente ans, il est ensuite rasé pour laisser la place à un  ensemble classique composé de la place royale et du palais de Charles de Lorraine. L’ancienne aula magna se trouvait à l’emplacement de la place. Le musée du Coudenberg vous permet d’accéder aux fondations fantomatiques du château disparu.

 

Un quartier aristocratique

La présence du palais du Coudenberg attire la haute aristocratie qui érige de grands hôtels sur la colline… mais aucun des hôtels du XVIe siècle nous est parvenu ! Le plus prestigieux fut l’hôtel de Nassau. Les gouverneurs y logent après l’incendie. Mais il est rasé pour laisser place du palais de Charles de Lorraine.  Il n’en reste que la chapelle Saint-Georges du XIVe siècle, sauvée in extremis lors de l’édification du complexe du Mont des arts dans les années 60. La chapelle fut lieu de culte protestant sous Guillaume d’Orange. Un bas-relief de 1969 évoque l’ancien hôtel de Nassau.

 

La plaque commémorative (sur la façade de la caserne du prince Albert)

La caserne du prince Albert se trouve à l’emplacement de l’hôtel de Culembourg, lieu du banquet des gueux. C’est en effet là qu’Henri de Brederode rapporte les propos qu’il aurait entendus en donnant à la gouvernante le compromis des nobles. Marguerite de Parme impressionnée par la délégation est alors rassurée par l’un de ses conseillers qui lui dit «  N’ayez pas peur ce ne sont que des Gueux ! » Henri de Bréderode en fait le nom de ralliement des insurgés et le banquet de termine aux cris de « vivent les Gueux ». L’hôtel est détruit dès 1568 sur ordre du duc d’Albe. Il faut attendre 1884 pour que la plaque actuelle soit apposée. On y retrouve symboles et devises propres aux Gueux. L’expression « plutôt turc que papiste » rappelle que gueux et Turcs avaient alors un ennemi commun, le roi d’Espagne. Le croissant est à associer à cette devise. La besace, l’écuelle et la poignée de mains sont les symboles les plus connus des Gueux.  L’expression « Jusqu’à porter la besace » signifie que les insurgés sont prêts à rester fidèles à leurs idées jusqu’à tout perdre … ce qui finalement se réalisa ! Bon nombre des signataires furent soit exécutés, exilés ou dépossédés.

 

Etape 2 : le petit sablon

 

Le square

Le parc du petit sablon se situe à côte du palais d’Egmont, actuel ministère des affaires étrangères.

Comme son nom l’indique le Sablon était d’abord une carrière de sable puis fut un cimetière des indigents. Le parc actuel est inauguré en 1890. Beyart s’inspire pour la grille de la place des bailles de l’ancien palais du Coudenberg. Les statuettes de la grille représentent les 48 métiers de Bruxelles. 

   

Les dix grandes statues

Dix statues de belle taille sont disposées en hémicycle, chacune logée dans une niche de lierre grimpant. Elles représentent des personnalités importantes du XVI siècle. Seuls les protestants retiendront notre attention.

-         Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde (1538-1598) fut le bras droit de Guillaume d’Orange. Il est connu pour être l’auteur de l’hymne néerlandais et pour avoir défendu Anvers face aux Espagnols.

-         Henri de Bréderode (1531-1568) est un des inspirateurs du Compromis des Nobles qu’il remit à Marguerite de Parme. Il fut surnommé le grand Gueux. Il est représenté avec à l’épaule l’écuelle et la besace.

-         Rombaud Dodonée (1518-1585) était un  botaniste qui fit carrière comme professeur à l’Université de Leyde. Il écrivit l’Histoire des Plantes et publia le fameux herbier Cruydeboeck, dans lequel il classe les plantes selon leurs propriétés, leurs usages et leurs formes, et non plus par ordre alphabétique.

-         Gérard Mercator (1512-1594), De Cremer, de son nom, fut une géographe, cosmographe et mathématicien. Il est surtout connu pour la projection dite de Mercator. Le personnage tient un globe et un instrument de précision. Soupçonné d’hérésie, il mourut en exil.

-         Bernard Van Orley (1491-1542) fut un peintre qui travailla pour les tapissiers bruxellois. Il fut condamné pour hérésie.

-         Guillaume de Nassau, surnommé le Taciturne (1533-1584) fut le chef de la révolte contre l’Espagne.  Le prince d’Orange tient à la main droite le bâton de commandement, tandis que la main gauche est appuyée sur l’épée.

petit sablon, vue générale (2)

Le mémorial

Au centre du square se trouve le mémorial dédié à deux grands seigneurs des Pays-Bas espagnols, les comtes d’Egmont et de Horne. Lamoral quatrième comte d’Egmont (1522-1568) était un chef de guerre et s’illustra à Saint-Quentin en 1557. Il a été célébré comme héros de la liberté aux XVIIIe et XIXe siècles par des compositeurs (ouverture de Beethoven), des écrivains (le Don Carlos de Schiller), des peintres (les têtes coupées de Gallait)… Le comte d’Egmont devient au XIXe un héros national, victime d’une puissance étrangère. Philippe de Montmorency, comte de Hornes, apparait plus comme son acolyte. L’un et l’autre marchent vers l’échafaud, unis dans la mort et pour l’éternité. Ils furent les victimes les plus célèbres du conseil des troubles. Ils sont accusés de crime de lèse-majesté pour avoir composé avec les hérétiques en 1566, et avoir comploté contre le ministre Granvelle. Ce chef d’accusation ne leur permet pas d’être jugées par leurs pairs, les autres chevaliers de l’ordre de la toison d’or. Notons que les comtes d’Egmont et de Hornes étaient des Gueux d’État, des opposants politiques au roi d’Espagne, par opposition aux Gueux de religion, en l’occurrence les protestants.

Le monument de Fraikin (1864) est d’abord placé  sur la Grand-Place, devant la Maison du Roi, à l’emplacement même de l’exécution. Le mémorial est transporté au Petit Sablon en 1879. Le socle est orné de deux lansquenets et des armoiries des deux seigneurs. On peut lire l’inscription suivante : " Aux Comtes d’Egmont et de Hornes, condamnés par sentence inique du duc d’Albe et décapités à Bruxelles le 5 juin 1568 "

 

 

étape 3 : autour de la grand-place

étape 4 : la cathédrale

étape 5 : le musée d'art ancien

étape 6 : la chapelle royale

 

la suite dès que possible

 

 

 


 

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Published by le gueux des bois - dans Benelux
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commentaires

AlbrechtPaul 24/06/2011 10:03



Merci! Cela tombe bien, car je prépare un tour 'protestantisme' à Bruxelles. Guillaume le Taciturne et les Archiducs, que vous montrez et mentionnez sur ce blog, en font partie. Il y a
peu à 'voir', à part ceux-là, car le protestantisme a été balayé pendant 200 ans. J'ai mis 3 temples protestants (18e & 20e siècles) dans mon parcours. Les premiers martyrs luthériens
des Pays Bas ont été brulés sur la Grand' Place de Bruxelles. Pas de plaque commémorative pour eux - par contre bien pour Egmont et Hornes, à cet endroit...



le gueux des bois 02/07/2011 11:09



Bonjour. Je vous conseille vraiment de visiter le temple de Bruxelles-musée. J'ai testé l'itinéraire désromais en ligne sur Bruxelles la protetestante, avec un groupe de 30 personnes et celà nous
a pris toute la journée. Bonne visite.