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  • : Le blog du gueux des bois : invitation aux voyages protestants
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 00:02

                Si vous observez une carte du Danemark, sa capitale parait aujourd’hui excentrée et disproportionnée. C’est l’histoire du pays, en particulier les pertes territoriales successives qui expliquent cet état de fait. De son glorieux passé la cité a néanmoins gardé un riche patrimoine qui nous permettra de découvrir l’histoire religieuse du Danemark en général et de la Réforme en particulier.  

 

Le nationalmuseet  

Le musée national cumule deux avantages, il est gratuit et ses collections sont d’une richesse exceptionnelle. Bien avant de devenir protestant, le pays a été christianisé. Les pierres runiques montrent bien la tardive évangélisation du pays. Ces pierres commémoratives dédiées à la mémoire de défunts invoquent pour la plupart, les dieux païens tels Thor ou Odin. La pierre runique de Tårnborg du XIe siècle est la première à invoquer le Dieu des chrétiens.

A l’étage, la salle 101 marque le début de la période catholique, romane et gothique. Les dernières salles nous plongent dans le Danemark à la veille de la Réforme. Parmi les objets exposés on peut voir une lettre d’indulgences, des statues servant au culte des saints et un tableau évoquant la crainte du jugement dernier…  

La salle 113 consacré à la Réforme parait bien modeste, maisDSC08560.JPG les œuvres qui s’y trouvent mériteraient chacune des commentaires approfondies. Je vous propose d’en cibler deux. Un pot en grès, peut-être une choppe de bière, véhicule la propagande anti-catholique. D’un côté Jésus abat un arbre portant des objets liturgiques papistes, et de l’autre un monstre associe les têtes du pape, du diable, et d’un turc !

La Bible de Christian III du Danemark exposée dans la salle s’ouvre sur le portrait du roi. Il s’agit de la première traduction danoise de la Bible, imprimée à Copenhague, vers 1550, tirée en 3000 exemplaires. Elle nous rappelle le rôle majeur que joua la monarchie dans l’introduction du protestantisme au Danemark. La Réforme est en effet imposée par Christian III après une guerre civile de trois ans et le coup de force de 1536 qui voit les évêques du conseil arrêtés et les biens de l’Église confisqués.

 

Le christiansborgDSC08515.JPG

C’est le château royal maintes fois détruit et reconstruit, longtemps siège du pouvoir royal, aujourd’hui du parlement. La salle la plus impressionnante est la grande salle de réception qui abrite depuis peu des tapisseries des Gobelins illustrant les pages de l’histoire du Danemark en général et du monde en particulier. L’une d’elle est consacrée à la Réforme. En son centre, Hans Tausen le réformateur danois prêche de sa chaire à en faire vaciller les mitres des évêques. Au sommet une galerie de portraits parmi lesquels ceux de Luther et Calvin.

 

L’église Notre-Dame

L’église Notre-Dame reconstruite au XIXe, après les destructions du bombardement de 1807 est la cathédrale luthérienne. Peu imposant, l’édifice de style néoclassique, œuvre de Hansen, présente une façade à colonnades, remarquez le Moïse de l’entrée avec des tables de la loi en danois

L’intérieur reste assez sobre malgré les statues des apôtres et les portraits des évêques. L’intérêt du lieu se trouve dans son excellente acoustique. Le Christ ressuscité, œuvre de Thorvaldsen, placé dans l’abside de l’église (plan basilical) semble accueillir les fidèles.

Devant la cathédrale se dresse le monument de la Réforme, œuvre de Max Andersen, érigé en 1943. Quatre bas-reliefs au pied d’un obélisque illustre les grands moments de la réforme danoise. On peut y lire les commentaires suivants :

 « Sermon de Hans Tausen dans l'église franciscaine de Viborg interrompu par des hommes armés »

« Jourd’adoption de la Réforme à Copenhague 30 Octobre 1536 »

« Service à l'église danoise après la Réforme, avec Peder Palladius comme prédicateur »

« Évêques évangéliques consacrés à l’église Notre-Dame de Copenhague 2  Septembre 1537 »

 

L’église Saint-Pierre

C’est l’église de la communauté luthérienne de langue allemande. Ne vous y trompez pas, même si le clocher est du plus pur style baroque du XVIIIe siècle, il s’agit bien de la plus ancienne église de Copenhague, datée du milieu du XVe siècle. Pour nous l’intérêt du lieu se trouve dans une lithographie inspirée d’une gravure néerlandaise. Les Réformateurs, parmi lesquels vous pouvez reconnaitre Luther et Calvin, sont attablés autour d'une chandelle qui symbolise la lumière de l'Écriture que l'on ne peut mettre sous le boisseau. Les dignitaires catholiques avec l'aide d'un démon, tentent par-dessous la table de souffler la bougie. La lithographie était en restauration lors de mon passage, j’espère qu’elle sera revenue à sa place quand vous passerez.

 

L’église réformée

« Den Reformierte Kirke » est le lieu de culte des réformés de Copenhague, qu’ils soient de langues allemande ou française. L’emplacement de l’église, face au château de Rosenborg et son riche décor sculpté rappellent l’origine royal de l’édifice. C’est en effet Charlotte-Amélie de Hesse-Cassel, épouse du roi Christian V du Danemark, qui fit ériger l’église au XVIIe siècle. Le contrat de mariage lui reconnaissait le droit de rester calviniste, d’avoir un chapelain eDSC08607.JPGt des serviteurs de cette confession dans le très luthérien Danemark.  

Elle y fit travailler des artisans huguenots du refuge qui réalisèrent là un chef d’œuvre baroque de la sculpture sur merisier. Le lieu associe la sobriété calviniste au luxe aristocratique. L’intérieur aux murs blancs, sans statue ni tableau, est inondé de lumière grâce à de grandes fenêtres en verre blanc. La table de communion et la chaire sont sculptées dans un style rococo très travaillé. Remarquez les trois sabliers à côté de la chaire. La reine et sa suite occupaient les meilleures places dans les loges ornées et surélevées face à la chaire. Cette galerie couverte et fermée était très appréciée lors des mois d’hiver. L’Église réformée de Copenhague y célèbre toujours des cultes en allemand et en français

 

Au Danemark, comme dans les autres pays du nord, l’histoire du protestantisme se confond avec celle de la nation. Ici l’histoire fut écrite par les protestants… un fait bien inhabituel pour un réformé français.

 

 

É. Deheunynck

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Published by le gueux des bois
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commentaires

Copenhague 11/12/2016 22:57

Ah la belle Copenhague...